AlexanderPetrowOn connaît surtout Alexandre Pétroff (1794-1867, portrait ci-contre) pour la défense russe qui porte son nom. Ce joueur était considéré comme le premier grand maître russe de l'histoire et il nous a laissé une magnifique partie, jouée à Varsovie en 1844 contre Hoffmann, qu'on appelle "l'immortelle de Pétroff". Cette partie est en effet remarquable par son final, où grâce à un magnifique sacrifice passif de dame, Pétroff torture le roi adverse pour finir par le mater en 8 coups. Cette partie a été remarquablement commentée par Gérard Demuydt pour europe echecs (il s'agit de l'un des rares articles libres d'accès de ce site, donc profitez-en !). Elle fait aussi naturellement partie de la super-compil psychédélique de PK. Je me suis amusé, comme d'habitude à la faire analyser par Fritz, et, comme d'habitude la déception est au rendez-vous. Le moteur d'analyse ne fait que signaler l'erreur des blancs au 11e coup mais ne rend aucun hommage à l'exploitation géniale qu'en font les noirs. Ce qui est plus étonnant, c'est l'absence totale d'appréciation donnée au 12e coup noir, un petit roque transformé en coup d'attaque qui laisse en prise la dame pour l'ouverture de la colonne f. Bien que "passif", selon la classification que donne des sacrifices David LeMoir, ce sacrifice de dame est bel et bien le point d'orgue spectaculaire de la partie et d'autant plus magnifique que son refus n'entraîne aucun avantage pour les blancs. Encore une fois, cet exemple illustre s'il en était besoin les limites (et les faiblesses) des analyses de Fritz y compris dans le domaine purement tactique.
Dans le petit fichier joint, vous trouverez l'analyse en question (partie 2, annotations en anglais) et la partie telle qu'elle apparaît dans la base des prix de beauté de Philippe K : hoffmann_petrov