Je vous propose ici de trouver un coup difficile, non pas par la profondeur de calcul qu'il implique, mais à cause de son caractère atypique en raison de la maîtrise de l'espace (je n'ai pas trouvé de meilleure formule, désolé pour le côté un peu pompeux !) qu'il implique. Je précise que je ne prétends pas (encore !) avoir joué les meilleurs coups dans la partie car il n'y a pas eu d'analyse "machine" pour me défendre ! Ceux qui ont l'habitude de me lire savent que je me trompe parfois... Néanmoins, je pense que la description du plan est ici instructive, même si, une fois n'est pas coutume, il ne s'agissait pas (au départ) d'une attaque sur le roi mais juste d'une séquence destinée à gagner une pièce...
Voici la position de départ. Nous sommes au 15e coup d'un gambit D refusé. Je joue avec les noirs contre un adversaire côté 1880 elo.

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Je joue 15...Fa5 pour couper le Fa6 de sa protection par la Da4. Plutôt que de jouer un sage coup de repli comme 15.Fe2, mon adversaire gaffe instantanément, en croyant pouvoir récupérer sans peine la pièce par une suite de coups forcés. Il joue 16.f3?? Je relève le défi du sacrifice passif : 16...Dxa6 (Ce coup a tout de même l'inconvénient de clouer le Fa5) et il s'ensuit : 17.e4,dxe4 18.fxe4 et plutôt que de jouer 18...Fg6, un coup passif, je poursuis les échanges : 18...Cxe4!, 19.Cxe4 libère la diagonale e1-a5 pour le Fd2 mais c'est sans danger pour les noirs ! 19...Fxe4. Les blancs continuent par 20.Dxa5 et nous arrivons à la position critique

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les noirs n'ont qu'une seule façon de forcer la victoire : laquelle ? Question subsidiaire : les blancs n'auraient-ils pas mieux fait de jouer 20.Fxa5 ?


Réponse : 20...De2 ! force la victoire à cause de la double menace 21...Dxg2# et 21...Dxd2. Le seul coup des blancs est 21.Dg5, un coup qui n'aurait pas été possible après 20.Fxa5??,De2 (il ne fallait donc surtout pas jouer 20.Fxa5, réponse à la question subsidiaire). Les noirs n'ont plus alors qu'à déloger la dame de sa case défensive par le petit coup de pion assassin : 21...h6 : il s'ensuit soit mat, soit la perte du Fd2. Cet exemple illustre la difficulté assez fréquente d'anticiper les mouvement latéraux de pièces lourdes, et de dame en particulier. Peut-être sommes nous un peu trop formatés par la littérature échiquéenne qui sépare toujours, par souci de simplification j'imagine, ce qui se passe à l'aile dame de ce qui se passe à l'aile roi...


ex111.pgn