Echecs en amateur

Vous aimez les échecs ? Vous êtes débutant, amateur éclairé ? Vous trouverez ici des parties commentées, des exercices tactiques, des liens utiles, des bases de parties et un recueil à télécharger gratuitement.

04 juin 2009

UN REPERTOIRE DE VIDEOS D'ECHECS

chessvideoTVJe viens de découvrir un site fort intéressant : chessvideoTV qui rassemble une communauté de joueurs d'échecs et, surtout, propose une bibliothèque de vidéos d'échecs venant de tous horizons (il n'y a pas que des GMIs qui commentent, mais il y en a !) et intelligemment classées par thèmes (ouverture, tactique, stratégie, finale) mais aussi par niveau (du débutant au joueur avancé). Tout est gratuit dit-on dans la présentation du site (je n'ai pas vérifié si j'avais accès à toutes les vidéos tant il y en a) et il semble que la communauté fonctionne selon le principe de l'encyclopédie libre wikipedia, parfois décriée mais si riche. On vous propose avant tout de lire le guide d'utilisation. Le site n'est pas parfait et il y a quelques défauts : tout est en anglais, la qualité technique des vidéos est inégale (souvent le son est trop faible ou au contraire saturé) mais on ne peut qu'applaudir devant cette démarche généreuse. Il y a matière à passer de longues heures d'entraînement... Ne vous en privez surtout pas et n'hésitez pas à signaler (avec les liens correspondants) les vidéos qui vous ont le plus enthousiasmées !

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08 mai 2009

ORIGINAL ET UTILE !

secretsJe me méfie comme de la peste des gourous, des recettes, des solutions clé-en-main, bref de tout ce qui est péremptoire. Une déformation professionnelle, sans doute. Et le domaine des échecs ne fait pas exception. C'est cette raison, sûrement, qui m'a fait considérer avec méfiance, au début, la proposition de Michel Barré, rédacteur dans la revue Echecs+ de la fédération des échecs du Québec, de soutenir son site "le secret des echecs", lancé depuis mars dernier. Mais j'avais tort. La démarche de Michel est simple et astucieuse : il recence tout ce qui a été publié de méthodes d'entraînement, conseils et trucs de champions, destinés à aider tous les joueurs débutants ou de compétition à progresser. On y retrouve ainsi les fameux principes de la méthode Silmann, mais aussi celle de Seirawan, Kasparov, en passant par "les 4 règles de la combinaison" ou "les 4 astuces gagnantes de Bobby Fisher" (la liste n'est pas exhaustive). En parcourant toutes ces pages, on réalise assez vite que les mêmes conseils sont souvent repris et formulés différemment par les uns ou les autres. Et c'est rassurant, finalement ! On réalise aussi que les miracles n'existent pas : il y a un fossé entre la connaissance de principes et leur application dans la pratique. Dans certaines positions, il est parfois très difficile de choisir entre une opportunité d'attaque ou un coup prophylactique et il est remarquable de constater que Le Bon Coup -au sens de vérité absolue et indiscutable- n'existe pas toujours. Il n'y a qu'à lire les analyses de certaines parties anciennes pour comprendre que notre connaissance des échecs a beaucoup évolué, et cela continuera encore ! Cela fait toute la richesse de notre jeu ! Il n'empêche que les fondamentaux - comme disent les rudgbymen- sont indispensables pour progresser et il n'est pas étonnant que des checklists à la Silmann destinées à structurer notre hierarchie des coups candidats, soient immédiatement rentables pour les débutants. Ce site est donc fort utile et il n'y a qu'à constater le nombre de visites (plus de 12000 en 2 mois - je peux me rhabiller !) pour comprendre qu'il répond à une forte attente, celle de nous tous : nous donner les moyens de progresser ! Cher Michel, je pense que l'intelligence doit être récompensée et c'est la raison pour laquelle je souhaite succès et longue vie à ton site !

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20 avril 2009

UN SURVOL REMARQUABLE

Je viens de trouver au hasard d'un surf, cette excellente mise au point rédigée sous forme de "réponse aux questions fréquentes (FAQ) destinée à éclairer tous les débutants désireux d'aborder sérieusement le jeu d'échecs rédigée par Thomas Lemoine et qui apparaît dans sa forme originale à cette adresse . Elle date de 2003 mais je trouve le texte en tout point remarquable par sa clarté et l'exhaustivité des thème abordés et, en dehors de certains commentaires sur les classement, les sites internet et les logiciels, encore actuel. Je me permets de vous le restituer ci-après... N'hésitez pas à contacter l'auteur pour 1) le féliciter, 2) lui proposer vos commentaires !


Version: 2.4

Auteur: Thomas Lemoine <destynova@kuzutetsu.com>

WWW-Archive-Name: http://www.usenet-fr.net/fur/loisirs/jeux/echecs.html

FTP-Archive-Name: ftp://ftp.univ-lyon1.fr/pub/faq/by-name/fr/loisirs/jeux/echecs

Archive-Name: fr/loisirs/jeux/echecs

 

Dernière mise à jour le 20 avril 2003.

Les ajouts et modifications réalisés depuis la version précédente sont

signalés par le caractère "|" en début de ligne.

 

 ================================================================

 = FAQ de fr.rec.jeux.echecs =

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 Sommaire

 --------

 

 1 - Comment jouer ?

 1.1 - Où puis-je trouver les règles du jeu ?

 1.2 - Peut-on avancer deux pions d'une case au premier coup ?

 1.3 - Je veux progresser, que faire ?

 1.4 - Les livres

 1.5 - Les clubs

  2 - Les échecs et l'informatique

 2.1 - Les logiciels d'échecs

| 2.2 - Que sont les formats PGN, EPD et FEN ?

 2.3 - Jouer en ligne par Internet

 3 - Les tournois et compétitions

 3.1 - Qu'est-ce qu'une pendule d'échecs et à quoi sert-elle ?

 3.2 - Qu'est-ce que la pendule Fischer ?

 3.3 - Qu'est-ce que le Elo et comment le calcule-t-on ?

| 3.4 - Que signifie "appariements" ? Qu'est-ce que le système

| suisse ? Y a-t-il des logiciels pour gérer cela ?

 3.5 - Peut-on jouer un tournoi sans faire partie d'un club ?

 4 - Historique du jeu d'échecs

 4.1 - Historique

 4.2 - Liste des champions du monde

 5 - Références

| 5.1 - Liens

 5.2 - Crédits

 

 

 1 - Comment jouer ?

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 1.1 - Où puis-je trouver les règles ?

 

 Dans tout bon livre, ainsi que sur le site Internet suivant, entre autres : <http://www.viruschess.com/Pages/Apprendre.html>

 Ces règles sont très simples, il suffit de dix minutes pour les apprendre, y compris le roque. Attention toutefois à la prise en passant, que les débutants oublient souvent, ou effectuent mal.

 

 1.2 - Peut-on avancer deux pions d'une case au premier coup ?

 

 Non. Il s'agit d'une légende urbaine, due à une mauvaise traduction en français d'un très vieux livre en allemand : la règle correcte "un pion de 2 cases" fut traduite "2 pions une fois". Richard Réti l'évoque dans son livre "les Maîtres de l'échiquier". L'erreur s'est propagée un peu partout, mais ce n'est ni une règle actuelle, ni une règle passée qui aurait été abrogée. Cette règle n'a jamais existé, et n'existera certainement jamais.

 

 1.3 - Je veux progresser, que faire ?

 

  Le seul moyen est bien sûr de jouer régulièrement et si possible avec plusieurs adversaires différents. Il n'est pas nécessaire d'avoir un gros bagage théorique pour jouer correctement en amateur. Deux ou trois livres bien compris suffisent pour résister honorablement. Essayez si possible de noter vos parties pour pouvoir les analyser à tête reposée. Faites preuve d'humilité et accordez de l'importance aux remarques qu'on vous fera, certaines seront sans doute erronées mais d'autres pertinentes, et restez objectif dans vos analyses car on a souvent tendance à surestimer sa position.

 

 1.4 - Les livres

 

 Il existe des librairies spécialisées qui sauront vous guider dans l'achat de livres. Voici quelques bons titres.

 

 Ouvrages pour débuter :

 Guide Marabout des Échecs, Fritz Van Seters, Marabout Service

 Les Échecs, Camil Seneca, Livre de Poche n° 7817

 Bréviaire des Échecs, Xavier Tartacover, Livre de Poche n° 7933

 Certaines personnes reprochent (pas forcément à tort d'ailleurs) à ces livres de trop parler des débuts de partie et pas suffisamment des autres phases. Les lecteurs pourront étudier plus attentivement les chapitres consacrés à ces phases et lire plus en diagonale ceux sur les ouvertures. Avoir un plan en milieu de jeu et savoir conclure une position gagnante sont plus importants que des subtilités d'ouverture, en dehors de quelques pièges de début vite appris.

 

 Ouvrages pour progresser après avoir lu au moins un des trois précédents :

 Progresser rapidement, Albéric O'Kelly de Galway

 L'art de faire mat, Renaud et Kahn

 Mes 60 meilleures parties, Bobby Fischer, éd. Éditéchecs

 Jugement et plan, Max Euwe, éd. Payot

 Maître contre amateur, Max Euwe, éd. Payot

 L'amateur devient maître, Max Euwe, éd. Payot

 Mon système, Aaron Nimzovitch

 

 Ouvrages pour joueurs avancés :

 Vers la maîtrise, Albéric O'Kelly de Galway

 Mûrir son style aux échecs, Jeremy Silman

 L'art du combat aux échecs, David Bronstein, éd. Payot

 Secrets of Chess Training, Mark Dvoretsky, Batsford

 Positional Play, Mark Dvoretsky et Artur Yusupov, Batsford

 Attack and Defense, ibid. (ces trois derniers livres en anglais)

 

 Il est toutefois regrettable que la frilosité des éditeurs fasse que les meilleurs livres en langue française ont été écrits il y a plus de 20 ans. Qu'ils comprennent enfin que les joueurs d'échecs ne se réunissent plus forcément dans des arrière-salles de café embrumées et avinées. Une analyse commerciale montrerait qu'il y a plus de joueurs de tournois que le seuil de rentabilité d'un livre (entre 2000 et 5000 exemplaires vendus) et les simples amateurs sont des dizaines de milliers. Peut-être aussi que nos meilleurs joueurs manquent un peu de velléité pour imposer quelques ouvrages novateurs.

 

 1.5 - Les clubs

 

 Si l'on peut jouer correctement une fois assimilés les principes généraux, il va sans dire que pour être capable d'inquiéter des joueurs de tournois il faut passer par les clubs. Il y en a dans toutes les grandes villes, et leurs horaires d'ouverture, assez larges, permettent de trouver un créneau horaire compatible avec une vie familiale et professionnelle. En général vous aurez au moins un tournoi interne au club si vous souhaitez vous frotter à la compétition sans pour autant avoir à vadrouiller dans toute la France. La plupart dispensent également des cours pour les plus jeunes.

 

 Le site Web de la Fédération Française des Échecs (voir la section des liens ci-dessous) recense l'ensemble des clubs de France avec des liens vers les sites Web de ceux qui en maintiennent. Il permet de faire une recherche géographique sur cette base de données pour trouver facilement le club le plus proche de chez soi.

 

 

 2 - Les échecs et l'informatique

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 2.1 - Les logiciels d'échecs

 

 Tactiquement excellents, ils ont quelques trous positionnels que l'on peut exploiter à force d'essais et de défaites humiliantes. Si vous êtes débutant et que vous avez des enfants, choisissez plutôt un logiciel à l'interface conviviale comme Chessmaster (Power Chess était également apprécié par ses utilisateurs, mais il ne marche que sous Windows 95 et pas sous Windows 98, et la mauvaise volonté flagrante de son éditeur pour régler ce problème nous oblige à le déconseiller fortement). Un logiciel comme Fritz peut également convenir à des enfants, mais il faudra que vous soyez assez confirmé pour le régler à un niveau de jeu abordable. Si vous vous sentez vraiment motivé, prenez Fritz, Chess Genius, Hiarcs ou Chess Tiger (ce dernier étant un programme français). Les prix vont de 40 à 100 euros. Vous pouvez aussi trouver des logiciels professionnels avec des bases de données et moult fonctionnalités pour des prix de 150 à 500 euros, mais ils ne vous serviront que très peu lors de vos premiers pas. Avant de vous lancer dans des achats pensez d'abord à tester les logiciels gratuits que vous trouverez sur le net, comme Rebel Decade 2.0 ou Crafty. En force pure, ils ne sont pas loin d'égaler les meilleurs programmes commerciaux.

 

| 2.2 - Que sont les formats PGN, EPD et FEN ?

 

 Le format PGN (Portable Game Notation) est un format de notation des parties d'échecs. Il est très fréquent de trouver les parties des principaux tournois à ce format. En plus de l'historique des coups, il indique le nom des joueurs, le tournoi et la date. Ceci est utile pour effectuer des recherches multicritères dans les logiciels de base de données.

 

 Des logiciels, les viewers PGN permettent de visualiser les parties sur un échiquier. Il en existe de nombreux, quelle que soit votre machine et votre système d'exploitation. Même si la plupart des logiciels d'échecs lisent le PGN, il existe des convertisseurs entre les différents formats de parties. Vous pouvez également configurer votre navigateur pour que les fichiers PGN soient directement ouverts par ces logiciels.

 

| Le format FEN (Forsyth-Edwards Notation) a été développé par Steven Edwards sur la base des travaux de David Forsyth, un journaliste écossais du XIXème siècle. Alors que le format PGN retrace une partie, le format FEN décrit une position.

 

| Le format EPD (Extented Position Description) a été développé par John Stanback (l'auteur du logiciel Zarkov) et Steven Edwards à partir du format FEN. Il s'agit également d'un format de description de position, mais avec des extensions supplémentaires orientées vers la communication entre logiciels d'échecs. On peut s'en servir par exemple pour créer une bibliothèque de combinaisons ou de mats. On peut aussi faire traiter un fichier EPD par un logiciel qui chargera et examinera automatiquement chaque position du fichier l'une après l'autre, ce qui permettra ainsi sans trop d'efforts d'évaluer sa force.

 

 2.3 - Jouer en ligne par Internet

 

 Le jeu en ligne est un moyen bien pratique de trouver des adversaires à n'importe quelle heure. Il existe un certain nombre de sites qui vous permettent de vous frotter aux joueurs du monde entier. La majorité sont gratuits mais demandent quand même généralement de s'inscrire au préalable, alors que quelques autres sont payants. Un simple navigateur suffit à accéder à certains sites, d'autres utilisent une interface graphique (pour en télécharger une, voir la section des liens à la fin de cette FAQ).

 

 Voici une liste de sites parmi lesquels vous pourrez faire vos choix (les commentaires proviennent des échos donnés par des lecteurs du forum, que je remercie, et/ou de mon expérience personnelle) :

 - Chess Net <http://www.chess.net>

 gratuit, interface à télécharger ou applet Java

 Bonne esthétique mais classement surévalué. Il est conseillé de télécharger une interface graphique, car les commandes de l'applet Java sont peu évidentes. Il est désormais possible de sauvegarder les parties même sans être membre, grâce à l'upgrade téléchargeable sur <http://w3.chess.net/material/material.html>.

 - FICS (Free Internet Chess Server) <http://www.freechess.org>

 gratuit, interface à télécharger, classement type Elo

 Un des meilleurs pour la qualité de jeu, les tournois organisés, les choix de cadences et le fair-play des joueurs. Il y a un canal francophone. Prévoir un temps d'adaptation aux commandes.

 - ICC (Internet Chess Club) <http://www.chessclub.com>

 abonnement, interface à télécharger, classement type Elo

 Un autre monument. Nombreux joueurs, dont MI et GMI, organisation de tournois, etc. On peut se connecter en invité sans payer, mais on ne peut pas garder de classement ou d'identité.

 - MSN Gaming Zone <http://www.zone.com>

 gratuit, interface à télécharger

 Microsoftiens uniquement, téléchargements lourds et à répétition, peu de choix de cadences, quelques bugs... Bref, du Bill Gates tout craché. :-)

 - Pogo <http://www.pogo.com>

 gratuit, rien à charger (applet Java), classement type Elo

 Pas énormément de joueurs, interface d'esthétique moyenne.

 - Yahoo! Games <http://fr.games.yahoo.com>

 gratuit, rien à charger (applet Java), classement type Elo

 Beaucoup de joueurs de tous les niveaux, mais l'état d'esprit et le fair-play de pas mal de joueurs sont loin d'être excellents. Propose de nombreux autres jeux. Existe désormais en français.

  - ZoneJeux <http://www.zonejeux.fr>

 gratuit, interface à télécharger

 Relativement désert.

 - Echecs.com <http://jeu.echecs.com>

 gratuit, interface à télécharger ou applet Java Nouveau site en collaboration entre echecs.com, europe-echecs.com et france-echecs.com. Permet d'ajourner et de reprendre les parties.

 

 Les sites suivants permettent quant à eux de jouer en "différé", à la manière d'une partie par correspondance (il n'est pas nécessaire de rester connecté durant la partie et chaque joueur a un certain temps après le coup de son adversaire pour venir répondre) :

 - It's your turn <http://www.itsyourturn.com>

 gratuit, rien à charger (HTML)

 Beaucoup de joueurs, tournois organisés, grande diversité de jeux proposés.

 - <http://a1h8.virtualave.net>

 gratuit, rien à charger (HTML)

 Très bon niveau de jeu (de 1000 à 2300 Elo), deux types de tournois

 seulement (à six ou face à face), cadence de jeu "style Fischer" (10 jours + 36 heures par coup). Il est désormais possible de dialoguer avec l'adversaire. Site peu connu.

 - Echecs.com <http://www.echecs.com>

 gratuit, rien à charger (HTML)

 En français, plus de 2500 parties en cours. Cadences variées proposées.

 

 3 - Les tournois et compétitions

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 3.1 - Qu'est-ce qu'une pendule d'échecs et à quoi sert-elle ?

 

 C'est un chronomètre double permettant de mesurer le temps utilisé par les joueurs pour réfléchir. Après avoir effectué son coup, chaque joueur arrête son chronomètre et met simultanément en marche celui de son adversaire.

 Il permet de limiter la durée des parties, ce qui est un avantage évident pour les organisateurs des tournois, mais aussi pour les joueurs, car cela empêche un adversaire de mauvaise foi de réfléchir trois heures dans une position perdue pour lasser son vis-à-vis (pratique fort peu fair-play mais fort courante avant l'invention des pendules).

 

 3.2 - Qu'est-ce que la pendule Fischer ?

 

 Il s'agit d'une idée astucieuse pour éviter les fins de partie où il vous reste dix secondes pour jouer quinze coups, fins de partie certes spectaculaires pour le public mais désastreuses pour le niveau de jeu. Le système Fischer vous octroie quelques secondes supplémentaires à chaque coup joué (généralement 30 secondes dans les tournois de parties longues). Ainsi il devient très rare de perdre au temps (tomber dans le jargon échiquéen) et vous êtes assuré d'avoir toujours au minimum une poignée de secondes à votre disposition. Selon toute vraisemblance ce système s'imposera de plus en plus dans les compétitions, et tout comme Staunton a laissé son nom au set de pièces généralement utilisé, Fischer restera comme étant l'inventeur d'une norme officielle de la FIDE. Paradoxal pour un joueur ayant toujours critiqué, voire combattu à peu près toutes les règles de la Fédération, vous ne trouvez pas ?

 

 À noter qu'un autre système de décompte de temps, le système Bronstein, s'en rapproche mais il ne semble pas devoir s'imposer. La différence apportée par ce système est la suivante : contrairement au système Fischer, le temps de réflexion d'un joueur ne peut pas augmenter d'un coup sur l'autre s'il joue son coup très rapidement.

 

 3.3 - Qu'est-ce que le Elo et comment le calcule-t-on ?

 

 Le classement Elo, du nom de son inventeur, le mathématicien hongrois Arpad Elo, permet de situer le niveau des joueurs entre eux. Ce classement étant basé sur des probabilités de gain, vous savez d'avance que si vous plafonnez à 1750, battre un 2000 est déjà un exploit de votre part. Une échelle de valeur approximative pourrait être la suivante :

 

 1000 = débutant

 1250 = enfant 'normal' de moins de 10 ans allant au club une fois la semaine

 1500 = joueur moyen de club, joueur de compétition occasionnel

 1800 = joueur de compétition régulier

 2000 = 1ère catégorie, environ 2500 joueurs en France. L'objectif à atteindre pour l'immense majorité d'entre nous.

 2200 = très fort amateur

 2350 = maître international

 2450 = grand-maître international, professionnels aguerris.

 2600 = Top 100 mondial

 2700 = Top 10 mondial

 2800 = Kramnik et Kasparov

 

| Dans le classement d'avril 2003, 4 joueurs français figurent dans le top 100 mondial : Joël Lautier (2666, 30è), Étienne Bacrot (2654, 37è), Vladislav Tkachiev (2643, 48è) et Josif Dorfman (2610, 82è).

 

 Le classement français est obtenu en faisant la moyenne des classements des adversaires, puis en rajoutant ou en retirant des points suivant que le joueur a plus gagné que perdu de parties ou l'inverse. Le classement international de la FIDE part du principe inverse : on commence par déterminer le score qu'aurait dû théoriquement réaliser le joueur, puis on lui enlève ou on retire des points suivant qu'il a réalisé plus ou moins que ce score. On peut trouver les détails des règles de calcul sur le site de la Fédération Française des Échecs, et on peut calculer automatiquement son classement sur de nombreux sites (voir plus bas).

 

 Les ordinateurs peuvent quant à eux avoir deux classements, décernés par deux associations disctinctes : le Elo suédois (SSDF) et le Elo américain. Attention, le classement suédois est proche du classement officiel de la FIDE, mais le classement américain est surestimé de 150 à 200 points. Donc méfiez-vous si vous achetez un jeu électronique, le commercial se gardera bien de vous préciser qu'il parle de Elo américain.

 

 3.4 - Que signifie "appariements" ? Qu'est-ce que le système suisse ? Y a-t-il des logiciels pour gérer cela ?

 

 Les appariements consistent à déterminer quels joueurs vont être amenés à se rencontrer à chaque ronde d'un tournoi. Ils sont gérés par l'arbitre du tournoi.

 

 En dehors des types de tournois traditionnels, de type Championnat de France où chaque joueur rencontre tous les autres, et Coupe de France où seul le vainqueur continue, un autre système est fréquemment utilisé dans les tournois. Son but est le suivant : désigner un vainqueur unique aussi rapidement que dans une coupe, tout en n'éliminant pas les perdants de chaque ronde. C'est le système suisse : il consiste à vous faire jouer à chaque ronde contre des adversaires qui ont le même score que vous à ce moment-là. On constate que les forts joueurs se regroupent très vite en tête du tournoi et que chacun joue principalement contre des joueurs de sa valeur.

 

 Vu la quantité de règles (et souvent aussi de joueurs), les arbitres utilisent généralement des logiciels pour les aider à faire les appariements. On peut citer :

 - Merlin d'Alain Ribous (DOS), le plus ancien des deux, longtemps très populaire parmi les arbitres en raison de son interface utilisateur travaillée (apparemment plus disponible ni maintenu) ;

 - Swiss Perfect 98 (Windows 9x), apparemment très apprécié de ses utilisateurs, mais shareware (49 $ après un essai de 30 jours) et en anglais. Version d'évaluation disponible à l'adresse : <http://www.logicalchess.com/swissperfect/index.html> ;

 - Masters de René Minarro (Windows 95/98/ME/NT/2000/XP) et

 - Papi d'Erick Mouret (Windows 98/ME/NT/2000/XP), les deux logiciels officiels de la Fédération Française des Échecs, fournis gratuitement aux arbitres sur simple demande au secrétariat fédéral.

 

 3.5 - Peut-on jouer un tournoi sans faire partie d'un club ?

 

 Si le tournoi est homologué, non, mais vous pouvez vous affilier sur place au club organisateur (moyennant naturellement une majoration de l'inscription). Par contre, il existe de nombreux "petits" tournois, organisés le dimanche par tous les clubs, qui ne sont pas homologués et qui prennent tous les participants indifféremment.

 

 

 4 - Historique du jeu d'échecs

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 4.1 - Historique

 

 La légende veut que le jeu d'échecs soit né en Inde, inventé par un brahmane nommé Sissa pour distraire son roi. Enthousiasmé, le roi lui aurait offert comme récompense tout ce qu'il pourrait souhaiter. Sissa aurait alors demandé de mettre un grain de blé sur la première case du plateau, deux sur la deuxième, quatre sur la troisième et, ainsi de suite en doublant chaque fois le nombre de grains jusqu'à la dernière case. Le roi aurait accepté, trouvant la requête étonnamment modeste, jusqu'à ce que son comptable vienne lui dire que la somme demandée se montait à 2 puissance 64 grains moins 1, soit plus de 18 milliards de milliards de grains. Un tel tas de blé pourrait recouvrir la France sur une hauteur de plus d'un mètre...

 

 Dans la réalité, le jeu d'échecs est probablement quand même né en Inde. Le jeu original "Chaturanga" (qui signifie "Quatre Rois") se jouait à quatre et en lançant des dés pour désigner la pièce à jouer. Le jeu connut son véritable essor en passant à deux joueurs et en supprimant les dés. Il émigra en même temps vers l'Arabie, mais aussi vers la Chine et le Japon avec des règles sensiblement différentes, encore usitées aujourd'hui dans les jeux du Xiang Qi et du Shogi. C'est en Arabie que le jeu progressa vraiment, sous l'influence de la passion des souverains. C'est en particulier à cette époque que furent étudiées les premières fins de partie théoriques, et c'est également à cette époque que les Arabes apprirent le jeu aux différents peuples européens. Malheureusement, l'église condamna les échecs comme jeu de hasard (!) et freina donc son développement en Europe durant le Moyen Âge. Ce n'était que reculer pour mieux sauter, car à la Renaissance, les Italiens eurent le bon goût de modifier le mouvement des pièces pour accélérer les parties et animer le jeu : le Fou et surtout la Dame devinrent de puissantes pièces à longue portée, utilisées pour ravager le camp adverse. (à suivre)

 

 4.2 - Liste des champions du monde

 

 Champions du monde officieux :

 Howard Staunton 1843-1851

 Adolf Anderssen 1851-1858

 Paul Morphy 1858-1860

 Champions du monde officiels :

 Wilhelm Steinitz 1886-1894

 Emmanuel Lasker 1894-1921

 José Raúl Capablanca 1921-1927

 Alexandre Alekhine 1927-1935

 Max Euwe 1935-1937

 Alexandre Alekhine 1937-1946

 titre vacant 1946-1948

 Mikhaïl Botvinnik 1948-1957

 Vassily Smyslov 1957-1958

 Mikhaïl Botvinnik 1958-1960

 Mikhaïl Tal 1960-1961

 Mikhaïl Botvinnik 1961-1963

 Tigran Petrossian 1963-1969

 Boris Spassky 1969-1972

 Robert Fischer 1972-1975

 Anatoly Karpov 1975-1985

 Garry Kasparov 1985-1993

 (Titre de champion du monde FIDE)

 Anatoly Karpov  1993-1999

 Alexandre Khalifman 1999-2000

 Viswanathan Anand 2000-2001

 Rouslan Ponomariov 2002-

 (Titre de champion du monde PCA)

 Garry Kasparov 1993-2000

 Vladimir Kramnik 2000-

 

 5 - Références

 --------------

 

 5.1 - Liens

 

 (fr) signifie que le site est en français, (en) en anglais

 

 - Revues et autres sites d'information

 ~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~

 Europe Échecs (fr)

 http://www.europe-echecs.com/

 Page de calcul automatique du Elo

| http://www.europe-echecs.com/calcul.php

 

 Notzaï (site d'informations quotidiennes) (fr)

 http://www.notzai.com/notzai/index.shtml

 

 VirusChess (site de la Ligue de Nord-Pas-de-Calais) (fr)

 http://www.viruschess.com/

 

 Chess.net (site généraliste) (fr, en)

 http://www.chess.net/

 

 Palamède (généraliste, portail vers plusieurs sites) (fr, en)

 http://www.palamede.com/

 

 The Week In Chess de Mark Crowther (site réputé mais un peu aride

 pour les débutants) (en)

  http://www.chesscenter.com/twic/twic.html

 

 Very-Best (site avec la collaboration d'Alexandre Khalifman) (en)

 http://www.very-best.de/

 

 The Chess Café (en)

 http://www.chesscafe.com/

 

 - Règles du jeu et cours d'échecs en ligne

 ~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~

 Mieux jouer aux échecs (fr)

 http://www.mjae.com/

 

 À l'école du jeu d'échecs (par Daniel Roos, MI) (fr)

 http://www.palamede.com/roos/index.htm

 

 Toutes les finales de 5 pièces et moins résolues avec certitude (en)

| http://www.lokasoft.nl/uk/tbweb.htm

 

 Echecs.com : rubrique "Ecoles" à destination des enseignants du 1er

 degré et cours en ligne avec animations Flash (fr)

 http://www.echecs.com

 

 - Sites de clubs et organismes

 ~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~

 Fédération Française des Échecs (FFE) (fr)

 http://www.e-chess.com/ ou http://www.echecs.asso.fr/

 

 Le club d'échecs de Valence (fr)

 http://www.valence-echecs.fr.fm/

 

 Le club d'échecs d'Exeter (en)

 http://www.ex.ac.uk/~dregis/DR/ECC/ecc.html

 

| Classement Elo FIDE (en)

| http://www.fide.com/ratings/index.phtml

 

 - Logiciels

 ~~~~~~~~~

| Rebel decade 3.0 (gratuit) (en)

 http://www.rebel.nl/decdown.htm

 

 Crafty (gratuit aussi mais un peu plus dur à installer) (en)

| ftp://ftp.cis.uab.edu/pub/hyatt/

 

 Chess Base Light (en)

 http://www.chessbase.com/download/cblight/index.asp

 

 Chess Lab (base de données en ligne avec plus de 2 millions de

 parties !) (en)

 http://www.chesslab.com/

 

 Exa Chess Lite (base de données, version démo, pour Mac) (en)

 http://www.exachess.com/

 

 SCID (base de données pour Unix/Linux et Windows) (en)

 http://scid.sourceforge.net/

 

 Logiciels pour Mac (en)

| http://dmoz.org/Games/Board_Games/Abstract/Battle_Games/Chess/Software/Macintosh/

 

 SSDF Rating List (matchs entre logiciels et calcul de leur Elo) (en)

 http://w1.859.telia.com/~u85924109/ssdf/

 

 Anticomputer : comment massacrer son logiciel favori (en)

 http://www.angelfire.com/on/anticomputer/index.html

 

 Utilitaires liés au format PGN (fr)

 http://www.variantes.com/utile.html

 

 PGN specification. Tout savoir sur les formats PGN, FEN et EPD (en)

 http://www.very-best.de/pgn-spec.htm

 

 - Jeu en ligne

 ~~~~~~~~~~~~

 Chess Client v 1.41 (interface graphique, 715K) (en)

 http://www.geocities.com/TimesSquare/Alley/7007/index.html

 

 Winboard/XBoard (une autre interface graphique très populaire) (en)

 http://www.tim-mann.org/xboard.html

 

 - Variantes du jeu

 ~~~~~~~~~~~~~~~~

 Retractor (logiciel d'aide à la résolution de problèmes d'analyse

 rétrograde) (en)

 http://www.stanford.edu/~hwatheod/Retractor/

 

| Popeye (logiciel de résolution de problèmes féeriques) (en)

| http://archiv.leo.org/pub/rec/games/popeye/

 

 Shogi Variants v 1.55a (logiciel de Shogi pour Windows) (en)

 http://www.netspace.net.au/~trout

 

 Xiang Qi (échecs chinois) (en)

 http://www.geocities.com/TimesSquare/Cave/7230

 

 Zillions of Games (logiciel avec plein de variantes du jeu) (en)

  http://www.zillionsofgames.com/games/index-chess.html

 

 - Divers

 ~~~~~~

 La supercherie de l'automate Turc, joueur d'échecs (fr)

 http://membres.lycos.fr/echecs/Turc01.htm

 

 The Bobby Fischer home page (en)

 http://bobbyfischer.net/

 

 Who is who (photos et liens sur vos joueurs préférés) (en)

 http://maskeret.com/mecca/wiw.htm

 

 Utilitaires pour imprimer des diagrammes ou publier sur le Web (en)

 http://www.enpassant.dk/chess/diaeng.htm

 

 ECTool (utilitaire pour parties par courrier électronique) (en)

 http://www.ectool.nu/

 

| Conversion d'une position FEN en image JPG

| http://www.chesstheory.de/html.php3?loc=diagram.html

 

| Conversion d'une position FEN en image PNG

| http://wjchess.jeffprod.com/fen2png.php

 

 5.2 - Crédits

 

 Je tiens à remercier les auteurs originaux de cette FAQ : Armand Dragore, Pompompom, Prime et Xavier pour le remarquable travail qu'ils ont effectué à cette occasion. Je remercie aussi tous ceux qui ont contribué par leurs suggestions à l'étoffement de cette FAQ, et notamment Gérard "Reyes" Demuydt.

 

 Les commentaires, corrections et demandes d'ajouts de tous genres sont toujours les bienvenus. Vous pouvez contacter le faqteur à l'adresse suivante : <mailto:faqs@wkaz.net>.

 

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04 avril 2009

CHESSPUBLISHER EST MORT, VIVE CHESSFLASH !

chessflashLes habitués du blog ont pu constater la disparition intempestive des animations de parties depuis quelques jours. Pour la petite histoire, cela résulte d'une interruption de l'accès à chesspublisher 2 (essayez ici et vous verrez !) ce qui, pour le blogueur que je suis signifie la perte de toutes les parties pgn gardées en mémoire directement dans le site en question. J'ai d'abord cru à une interruption transitoire car des petits soucis de courte durée ont déjà eu lieu avec chesspublisher. Mais constatant que rien ne bougeait, j'ai cherché une solution de remplacement suffisamment simple pour un webmestre mononeuronal comme moi ! J'ai d'abord espéré pouvoir utiliser l'application pgn2html mais je n'ai pas compris comment faire et les autres blogueurs à qui j'ai demandé de l'aide soit ne m'ont pas répondu, soit m'ont fourni une réponse inexploitable au regard de ma nullité dans le domaine... Et puis j'ai trouvé la perle : chessflash dont vous pouvez déjà voir le rendu sur quelques posts (je complèterai au fur et à mesure les trous). Les avantages de cette application sont nombreux :
- magnifique aspect
- simplicité d'utilisation (la preuve, j'ai réussi !)
- accès totalement gratuit (en espérant que cela ne justifiera pas une mort subite !)

- l'échiquier apparait (cliquer sur le carré vert) et disparait (cliquer sur le carré rouge) à la demande
- présentation paramétrable : taille de l'échiquier, couleur des cases, position du texte (il n'y a quasiment que la forme des pièces qu'on ne peut pas changer)
- possibilité de faire apparaitre deux échiquiers (un pour la ligne principale, l'autre pour les variantes)
- plusieurs mode d'accès aux variantes
- mode adapté à la résolution de problèmes
- accepte les commentaires
- génère automatiquement un lien vers le fichier pgn correspondant à télécharger.
Bref, cela frise la perfection. Ami blogueurs, profitez-en ! Et à vous autres, chers lecteurs, je réclame votre indulgence pour le temps qui sera mis pour faire réapparaitre les dizaines de parties manquantes.

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27 mars 2009

UNE JOLIE PARTIE TRES BIEN COMMENTEE

Je vous conseille de consacrer 15 minutes à visionner cette vidéo (en deux parties) qui commente de façon très claire une très jolie partie où les blancs (on ne connait ni le joueur, ni son elo, mais il est visiblement très fort !), massacrent un MI coté à plus de 2350 elo. Les commentaires sont particulièrement clairs et passent en revue toutes les exploitations tactiques de chaque position. Je vous livrerai d'autres perles au fur et à mesure que je les trouverai et en attendant, je vous laisse vous régaler !

1ere partie

2e partie

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25 mars 2009

LES VIDEOS D'ECHECS SUR INTERNET

Il y aurait de quoi écrire plusieurs livres sur les ressources documentaires disponibles sur le net et dédiées au jeu d'échecs. John Nunn avait déjà abordé la question dans son excellent livre le secret de l'efficacité aux échecs en développant une grande partie de son chapitre à Fritz et à Chessbase. Pour l'étude spécifique des ouvertures, l'utilisation des ressources informatiques par les champions a été développée dans l'excellent livre de Steve Gidddins et ce chapitre est téléchargeable ici. Il y a toutefois une autre façon agréable de se cultiver aux échecs, c'est de visionner des séquences vidéos, qui ont l'avantage de coupler un commentaire verbal au mouvement des pièces et de rendre l'étude des échecs plus vivante. Ceux qui veulent découvrir ce vaste domaine ont plusieurs façons de s'y prendre. La première est de se limiter aux produits commerciaux. Souvent (très) chers, ils ont l'avantage d'être magnifiquement présentés et d'impliquer des GMIs et MIs pas forcément à l'aise avec l'écriture (et son côté peu rémunérateur !) mais capables d'être très didactiques. Outre les DVD Chessbase - que certains internautes malhonnêtes arrivent à pirater - (chut !) - il y a l'excellent site ICC qui donne accès à ses abonnés à des vidéos très bien commentées (les interventions régulières de John Watson et Joel Benjamin, en particulier, sont toujours réussies) consacrées à des parties d'actualités ou à des "leçons" classiques (sur des ouvertures, par exemple). Un aperçu peut être obtenu en vous abonnant (gratuitement) à leur newsletter. Pour ceux qui souhaitent du matériel pédagogique en langue française, le choix est plus limité. Fritz 10 et Fritz 11 sont vendus avec des vidéos très bien conçues animées par Marie Sebbag mais destinées aux débutants. Il est dommage que Chessbase n'ait pas prévu ne serait-ce que d'apposer des sous-titres aux vidéos les plus réputées (celles de Kasparov sur la Najdorf ou le gambit D, par exemple). Il y a aussi le site europe-echecs.com qui a tout d'une usine à fric insupportable (un aperçu de leur convivialité vous est donnée dans le lien ci-dessus), ainsi que des vidéos payantes distribuées par DiagonaleTV et imineo.com. Vous aurez compris que je suis un obsédé de la gratuité ! Je n'ai donc pas privilégié cette première voie. La seconde façon d'explorer les ressources vidéos est plus chronophage, plus aléatoire, mais totalement gratuite. En vous armant de patience, vous pourrez trouver quelques perles. Bien que peu nombreuses, les vidéos en langue française sont les plus reposantes. Le site echecs-académie du GMI Jean-Luc Chabanon vous permet d'accéder à quelques vidéos magnifiques (il faut toutefois faire le tri et laisser de côté les videos-interview sans grand intérêt). J'ai en souvenir un bon moment passé à visionner une partie de Bronstein commentée à l'occasion de sa disparition. Il y a aussi un must sur la défense Philidor commentée par Christian Bauer, un spécialiste international du sujet. Sur DailyMotion et youTube, vous pourrez trouver une multitude de vidéos d'échecs de qualité inégale. Les vidéos en français y sont rares. J'ai repéré le très beau travail de Nicolas Normand alias Scandien, le webmestre du site de l'échiquier de Bures. Son style est sobre, sa voix agréable et ses propos intelligents ! Il semble, en particulier, bien connaître la défense Pirc (berk !) et être un inconditionnel de Bobby Fischer (il a colligé une superbe série de documentaires sur la rencontre Fisher-Spassky de 1972).Bien entendu, ceux qui n'ont pas peur de l'anglais ou de l'espagnol auront l'embarras du choix. Encore faut-il savoir faire des recherches efficaces. Les recherches trop générales, utilisant, par exemple, le mot clé "chess" sont peu rentables, alors que la précision paie très vite (essayez, par exemple, votre variante d'ouverture préférée, ou des mots-clés comme "trap opening" et vous serez surpris du résultat. Il y a même (chuuut !) des extraits de DVD chessbase qui sont accessibles sur youtube ! J'ai personnellement un petit faible pour la (trop courte) série "5 min chess tips" animée par Igor et Gleb et leur accent à couper au couteau tout droit sorti des carpates (un exemple ici). Parfaite pour les amateurs qui souhaitent se cultiver sans effort ! Vous trouverez aussi des joueurs amateurs enthousiastes (un peu comme moi !) qui osent publier et commenter l'une de leurs parties jouées sur le net (voici un exemple espagnol- olé!- joué sur Buho21). L'inconvénient de youtube reste tout de même le problème de la rentabilité du temps passé à chercher son bonheur. Aussi, l'une de mes trouvailles les plus rentables a été d'utiliser la recherche de podcast sur itunes (les aficionados du mac connaissent par coeur ; il y a aussi une version PC). Parmi les podcasts dédiés aux échecs, deux sortent vraiment du lot : la série PE's ChessCast animée par un "professional Chess Tutor" dont je me suis demandé quel rapport il avait avec l'alcool (son logo représente un éléphant rose...), et le ChessKiller Tips d'Alexandra Kosteniuk, la plus sexy des championes du monde. Tous deux sont orientés "tactique"...

Cette liste n'est pas exhaustive et il y a sûrement d'autres perles qui m'ont échappées. Aussi, n'hésitez pas à les signaler dans vos commentaires pour que tout le monde en profite !

Posté par vdmvdm à 21:48 - Les pépites du net - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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26 janvier 2009

LE MEILLEUR LOGICIEL D'ECHECS POUR PROGRESSER...

scid... est gratuit ! Je viens de découvrir l'une des plus belles réussites qu'il m'ait été donné de tester en matière de logiciel d'échecs. Scid, c'est son nom, est un logiciel multi-usages qui gère :
- les engines UCI (cf. mon précédent post). Dans la version téléchargeable sont présents Crafty 21.6, Toga II 1.2.1, PhalanxXXII, et Scidlet mais on peut en incorporer d'autres
- l'importation, l'exportation, l'exploitation des bases de parties pgn avec les fonctions habituelles (recherches muticritères : tournoi, joueur, statistiques, codes  ECO, etc)
- l'analyse des parties, plutôt axée sur la recherche d'erreurs, avec un rendu plus proche de l'analyse de chessmaster que de l'analyse complète de Fritz. La fonction annotation automatique ajoute la ponctuation classique à la notation (dans la fenêtre pgn).
- l'édition de commentaires (à taper soi-même !), qui enrichit le fichier pgn (mais il n'y a pas de fonction directe d'impression et d'édition de diagrammes contrairement à Arena).

Jusqu'à présent, allez-vous dire, il n'y a rien de bien original. C'est sans compter sur 4 fonctions supplémentaires remarquables destinées aux débutants :

1- Un module d'entrainement tactique avec plus de 20000 positions (essentiellement des combinaisons de mat). J'ai testé : c'est excellent.

2- Une bibliothèque d'ouverture contenant les % (plus exactement le poids relatif) des coups joués par les blancs ou les noirs, à partir de parties provenant de joueurs de plus de 2600 elo (niveau GMI) ou de plus de 2400 elo (niveau MI). Cette bibliothèque permet une recherche spécifique des erreurs d'ouvertures dans vos parties. Pas si gadget que cela : cela fait apparaître très clairement l'endroit où le joueur s'écarte de la théorie. Il paraît que ces bibliothèqiues sont évolutives, mais je n'ai pas bien compris comment faire, si ce n'est en modifiant la pondération des coups...

3- Un module d'entraînement aux ouvertures tout à fait original. Il nécessite de télécharger pour commencer une base de référence (l'auteur propose une base contenant plus de 42500 parties de GMI : n'hésitez pas !), de sélectionner la profondeur de nos connaissances. (le meilleur coup ou plusieurs lignes plus ou moins marginales), et de jouer l'ouverture jusqu'à l'apparition d'un message d'erreur. On peut aussi jouer contre l'ordinateur (cf. infra) en lui imposant l'ouverture.

4- La possibilité de prédéfinir l'élo de son adversaire (crafty ou Phalanx) : de 1200 (grand débutant) à 2200 (maitre FIDE un peu fatigué !). Cette fonction est vraiment très bien conçue, plus conviviale que le module équivalent de Fritz : elle permet à tout le monde de gagner contre un ordinateur (c'est assez rare ! ) et de situer approximativement son niveau elo. J'ai testé : on a vraiment l'impression de jouer contre un adversaire humain par moment ! Après 5 parties contre des adversaires d'elo différent, j'ai pu estimer le mien entre 1800 et 2000 : ça m'a paru correct !

Pour couronner le tout, l'interface graphique est parfaite et il y a plein de fonctionnalités supplémentaires que je n'ai pas encore explorées : tout est détaillé sur le site de l'auteur, Pascal Georges, qui a en fait amélioré la version d'origine, semble-t-il laissée à l'abandon. J'avoue que les explications manquent parfois de clarté pour un béotien comme moi, mais comment ne pas apprécier un tel bijou ?

Pour télécharger ce logiciel et l'ensemble de ses fonctionnalités, il faut sélectionner dans cette page, la dernière version et ne pas oublier de cocher la case "associate files" lors de l'installation.

N'hésitez pas à communiquer vos découvertes concernant l'utilisation de Scid que je suis loin de maîtriser : cela mériterait presque un forum !

Posté par vdmvdm à 23:13 - Les pépites du net - Commentaires [5] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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22 décembre 2008

UN LOGICIEL D'ECHECS IMBATTABLE POUR 0 EUROS !

arena2Noël approche et vous voulez vous offrir un petit plaisir solitaire ? Qu'à cela ne tienne, rien ne vous empêche de vous installer un magnifique logiciel d'échecs - que dis-je : plusieurs ! - pour pas un kopeck ! Bien que n'étant pas un spécialiste du sujet (pour obtenir des renseignements pointus, vous pouvez vous rendre ici et contacter l'auteur), il ne m'a pas fallu plus de 15 minutes pour télécharger et tester l'affaire (au prix d'une humiliante défaite en 30 coups contre "Spike 1.0" !). Comment faire ?

1- Téléchargez d'abord de quoi gérer l'interface graphique et les différents programmes (engines, en anglais). Pour windows, je vous conseille Arena, qui est tout a fait comparable au mode 2D de Fritz, par exemple. Il gère parfaitement la langue française, l'impression (avec diagrammes), la lecture et la sauvegarde du/au format pgn. L'interface est sobre, claire, et agréable. Dans la version 1.99beta5 livrée en téléchargement gratuit sur le site, plusieurs modules sont déjà intégrés. Il n'y a qu'à installer et se laisser guider. Pour MacOS, il y a l'excellent SigmaChess, qui fait tout cela et gère en plus une magnifique interface 3D. Il vous est livré avec une version Lite du fameux moteur Hiarcs ici.

2- Vous pouvez vous arrêter là ou compléter votre logiciel de nouveaux engines ou books. Il y a une floppée de programmes non commerciaux et même des sites qui leurs sont dédiés en organisant des tournois entre eux. J'ai, par exemple, appris que Fruit 2.3.1 avait gagné récemment un tournoi consacré aux moteurs gratuits sur un magnifique site, ordichec consacré à ces machines. On comprend vite que certains moteurs gratuits surpassent des moteurs payants comme schredder 11 ou fritz 11 ! La présentation et le téléchargement  de nombreux moteurs est possible sur plusieurs sites. Celui-ci en est un bon exemple : plus de 20 programmes classés par ordre alphabétique y sont téléchargeables avec leurs principales caractéristiques. Parmi les incontournables, il y manque toutefois le fameux Rybka dont une version freeware non commerciale (2.2n2) est téléchargeable à droite de cette page (le blog de Zenman). Au delà des moteurs destinés au calcul brut, vous pouvez aussi trouver des dictionnaires d'ouvertures (books) et même des générateurs de finales (je n'ai pas encore testé) ! Comment se repérer ? A moins d'être passionné ou initié, et plutôt que de tester tous ces moteurs, je cous conseille de vérifier 3 points 1) la compatibilité avec votre machine et votre logiceil graphique (j'ai cru comprendre que le format le plus universel s'appelait UCI), 2) l'existence d'une bibliothèque d'ouverture intégrée (fichier au format .ctg) 3) l'existence de "hashtables" (je n'ai pas compris grand chose à ce langage de programmeur mais disons que ça fait référence à des "clés" préétablies et il semble que cette présence soit la condition de meilleures performances en finale).

wcjchessPour ceux qui ne veuvent pas se prendre la tête et veulent avant tout un bon logiciel de loisir ou d'initiation, gérant à la fois un niveau débutant et "maitre" (son moteur est coté à 2300 elo), je conseille les 2 logiciels WJChess 2D (il est excellent pour familiariser le débutant avec le déplacement des pièces) et WJChess3D (magnifique interface, photo ci contre). Tous deux sont téléchargeables sur le blog de l'ami Zenman (lien ci dessus, même page).

Bien. Il ne me reste plus qu'à vous souhaiter un joyeux Noël et beaucoup de persévérance pour battre "à la loyale" un de ces programmes ! Courage !

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18 décembre 2008

QUE DU BEAU MONDE...

Depuis la création de ce blog, je suis régulièrement étonné par la gentillesse de beaucoup de visiteurs qui me transmettent des félicitations ou des encouragements qui font chaud au coeur. Un bon père de famille qui se "remet" aux échecs pour accompagner sa fille de 8 ans qui manifeste de l'intérêt pour le jeu, et qui vous remercie d'alimenter sa passion (re)naissante, par exemple, ça a de quoi ensoleiller une journée d'hiver bien terne. Je suis aussi flatté par la visite régulière de forts joueurs (un elo officiel >2000, pour moi, cela signifie "fort" joueur), tantôt critiques ou pointilleux, tantôt dithyrambiques, mais toujours passionnés et positifs. Philippe Kesmaecker (2224 elo) avec qui nos échanges de mail sont devenus quasi quotidiens, est un type délicieux dont vous avez tous pu profiter des contributions qui témoignent de son immense capacité de travail et de sa générosité. Et en plus, il aime bien partager sa bibliothèque et corriger mes fautes d'orthographe ! Il y a aussi Fabien Cavillon (2124 elo), un sympathique raleur qui n'hésite jamais à contester les solutions de mes petits quizz... et il a souvent raison, le bougre !, Karim Berouague (2145 elo), le webmestre de l'excellent site echecs-x, qui me fait de petits clins d'oeil de temps en temps, et... un certain Fabrice F (2271 elo) qui souhaite garder l'anonymat (j'ai décidé de respecter les souhaits les plus exentriques de tous mes correspondants !), lui aussi visiteur régulier qui "apprécie" les positions "rafraichissantes" de mon site ! Il se trouve que ce Fabrice F a lui aussi plongé dans la blogosphère (bien avant moi, en fait !), lui aussi dans le registre tactique. Il s'appuie sur des parties de GMI (que du beau monde !) tirées de l'actualité échiquéenne. Ses commentaires sont en anglais (Monsieur est exilé aux States) mais cela ne fait que renforcer la concision et l'acuité de ses analyses. Son site s'appelle Top10 chess. Je lui ai demandé de répondre à quelques questions d'usage et je vous livre ses réponses brutes de décoffrage. On y devine un ego assez développé mais après tout, le développement de l'estime de soi est une quête humaine universelle et si les échecs peuvent y aider, why not, after all ?

top10chess1- Bonjour, tu as créé un blog d'échecs. Quelle était ta motivation ? Quel est ton parcours échiquéen ? Pourrais-tu te présenter à nos lecteurs ?

Ma motivation pour le blog est explorer le milieu de jeu, avec un focus sur la tactique, les combinaisons, les instants critiques d'une partie. Dans bon nombre de parties entre joueurs appartenant a un même niveau de jeu, la décision se fait sur un,deux ou trois positions critiques. Mon blog explore ces moments clés, avec en majorite des parties de GMs, récentes et d'actualité 2007-2008 et plus anciennes si marquantes, ou a un moindre degre mes propres parties. Le milieu de jeu aux échecs est très riche et attrayant a la fois. Les positions sur mon blog sont analysées et je réponds aux questions/demandes des lecteurs. Je propose aussi les solutions qui peuvent être rejouées sur un échiquier (via un module Java) , ce qui évite le lecteur d'utiliser son propre échiquier. Mais ton blog VDM a une approche similaire dans le sens ou il propose une grande variété de problèmes/positions a résoudre, ce qui est stimulant. Donc je ne suis pas tout seul! Pour mon niveau de jeu, je n'ai pas joue de parties longues homologuées depuis 2001, et mon dernier elo FIDE est 2271. Je joue online occasionnellement a cadences rapides.

2- Quelles sont les meilleures rencontres que tu as eues depuis la création de ton blog ?

Certains lecteurs ont pousse l'analyse très loin en proposant des suites que je n'avais pas prise en compte. Cela permet d'approfondir les positions. J'ai aussi fait une série de posts en Septembre qui recoupent l'ensemble des motifs tactiques ( double attaque, zwichenzug, libération de lignes, attaques sur le roi,clouage, enfilades, combinaisons avec pions) qui a été bien reçue.

3- Tu vis aux états-unis. Comment les échecs sont-ils perçus dans ce pays d'après toi ?

Je pense que les échecs sont mieux perçus en Europe, dans la mesure ou il y a une grande activité de clubs, avec équipes jeunes/adultes, compétitions locales,nationales et européennes.  Si les opens existent aux US, il y a beaucoup moins de tournois fermes de haut niveau, et de tournois fermes en général, qui est négatif. par contre, le jeu par internet est assez populaire, avec ICC (internet chess club) et playchess.com (allemand Chessbase, mais pas mal d'utilisateurs U.S).

4- penses-tu faire une traduction française ?

Cette idée double mon travail ! Dans la mesure ou l'anglais échiqueen n'est pas très difficile a comprendre, ce n'est pas en haut de ma liste to-do.

5- As-tu quelque chose à ajouter ?

As always, comments/remarks/suggestions welcome!. Play well !

Je vous encourage à découvrir ce site, tout de même un peu rude pour les débutants mais sûrement utile pour la progression des plus motivés !

Posté par vdmvdm à 17:16 - Les pépites du net - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

03 décembre 2008

TOUT SAVOIR SUR...LES ORDINATEURS ET LOGICIELS D'ECHECS

J'ai relu avec plaisir le laïus de Philippe Kesmaecker sur les forces et les limites des programmes d'échecs actuels. J'encourage ceux qui ne l'ont pas lu de s'y pencher quelques instants (ici)... Il y parle de l'"effet d'horizon" et je me suis dit qu'il pourrait être utile d'en savoir plus sur la question. Une simple recherche sur google m'a envoyé sur un excellent texte que je me suis permis de vous retranscrire in extenso. L'auteur, dont je ne connais malheureusement pas le nom, fait un excellent historique et décrypte de façon simple pour le néophyte que je suis comment fonctionne un programme d'échecs. Vous pouvez accéder au texte ici. Qu'il soit chaleureusement remercié pour sa remarquable contribution !

 

HISTOIRE DES ORDINATEURS ET DES LOGICIELS D'ECHECS

La conception d'un ordinateur d'échecs pose un passionnant problème technique évoqué il y a 55 ans par Claude Shannon, le fondateur de la théorie de l'information : "l'étude informatique du jeu d'échecs sert à mettre au point des techniques utilisables dans des applications plus pratiques. La recherche d'un ordinateur jouant aux échecs est un point de départ idéal pour plusieurs raisons. Le problème est bien défini, tant en ce qui concerne les opérations autorisées (le déplacement des pièces) que l'objectif (le mat) ; il n'est ne trop simple ni trop complexe. En opposant la machine réalisée à un être humain, on obtient une évaluation claire des capacités de la machine dans ce type de raisonnement."

Les ordinateurs qui jouent aux échecs démontrent surtout l'efficacité de l'analyse par ordinateur. L'amélioration des techniques utilisées aux échecs fera notamment progresser la conception des réseaux, la modélisation moléculaire en chimie, et l'analyse linguistique.

L'histoire des machines jouant aux échecs commença par une supercherie : vers 1770, le baron Wolgang von Kempelen (ingénieur autrichien) présenta en Europe un automate joueur d'échecs qui fut surnommé le Turc, car il se présentait sous l'aspect d'une marionnette enturbannée et moustachue, qui aurait été actionné par un mécanisme complexe, situé dans un coffre sous l'échiquier.

 

 

Le Turc jouait bien et mit un jour Napoléon en fureur ne le battant en 19 coups. A la mort de Kempelen en 1804, le Turc fut racheté par le musicien bavarois Johann Maelzel qui continua de l'exploiter par de nombreuses exhibitions notamment en Amérique. Edgar Poe attiré par le phénomène, fut surpris d'une défaite du Turc et annonça alors qu'il ne s'agissait pas d'un ordinateur puisque ce dernier est imbattable.

Poe avait découvert la supercherie mais pour une mauvaise raison, un ordinateur est battable, mais il avait vu vrai car la supercherie consistait bien à dissimuler un fort joueur sous l'échiquier qui par un jeu de miroir,  observait les pièces et pouvait contrôler les mouvements de l'automate. Ainsi, une dizaine de joueurs ce sont remplacés au service du Turc.

Maëzel  mourut en 1838 et le Turc fut dévoilé par un de ses opérateurs, sa place était désormais dans un musée (Philadelphie) ou il disparut  dans un incendie en 1854.

Le mathématicien britannique Alan Turing fut l'un des premiers à étudier l'informatisation du jeu d'échecs, mais préférait faire tourner son programme à la main pour évaluer les positions et calculer les coups à jouer. L'Allemand Konrad Zuse et quelques chercheurs réalisèrent également des programmes d'échecs, mais le travail le plus profond fut celui de Claude Shannon : il utilisa la théorie des jeux de John von Neumann et d'Oskar Morgenstern afin de déterminer, par la méthode du "minimax", le meilleur coup possible.

La fonction d'évaluation

L'algorithme de Shannon considère, pour un nombre fixe de coups des deux joueurs, toutes les positions résultantes possibles ; il évalue les positions, et, en fonction des valeurs obtenues, détermine le "meilleur" coup à jouer. Le programme de base est un "générateur de coups" qui détermine tous les coups jouables à partir d'une position, et toutes les ripostes que l'adversaire peut proposer. Il explore ainsi un arbre, où chaque position est reliée aux positions suivantes autorisées par les règles du jeu.

Chaque niveau de l'arbre des positions comporte environ 38 fois plus de positions que le niveau précédent : on réduit le nombre de positions à examiner par un étalage appelé "alpha-béta". Le programme évalue les positions aux extrémités des branches de l'arbre ; l'évaluation des positions tient compte de la valeur des pièces restant sur l'échiquier et des menaces qui pèsent sur elles ; il donne une valeur de 1 quand l'adversaire est mat et -1 quand l'ordinateur est mat, et attribue des valeurs intermédiaires aux positions rencontrées en cours de jeu. La fonction d'évaluation, cruciale pour la qualité du programme, peut tenir compte des positions des pièces à l'aide de paramètres précisant la localisation des pièces et la répartition générale des forces.

On améliore le jeu d'un ordinateur qui utilise cette stratégie, soit en augmentant la profondeur de son analyse (le nombre de demi-coups qu'il simule avant d'évaluer les positions), soit en perfectionnant sa fonction d'évaluation. Le jeu de l'ordinateur serait parfait si l'on pouvait examiner toutes les suites possibles de demi-coups jusqu'au mat ou à la partie nulle : on verrait alors la machine stupéfier son adversaire en annonçant, dès le premier coup : "blanc joue e4 et gagne en 137 coups maximum". Cela n'arrivera pas : l'analyse exhaustive est possible dans les jeux simples comme le morpion ou puissance 4, mais elle est impraticable aux échecs où 10 puissance 120 parties distinctes sont possibles. Le jeu serait également parfait, après l'examen d'un seul coup, si l'évaluation des positions était aussi bonne que celle revendiquée par José Raoul Capablanca, champion du monde en 1920 : "je ne prévois qu'un coup à l'avance" disait il "le meilleur".

La force brute

Les premiers programmes de jeux d'échecs, établis vers 1958, étaient encore rudimentaires car il fallut d'abord programmer les règles du jeu. Seulement huit ans plus tard, le programme MackHack 6 de Richard Greenblatt, de l'institut de technologie du Massachussets, put enfin jouer honorablement dans les tournois locaux.

Progressivement de plus en plus nombreux, les auteurs de programmes d'échecs se divisèrent en deux camps de philosophies distinctes : les "stratèges" et les "mécaniciens". Les stratèges considéraient que les ordinateurs devaient jouer comme l'Homme, à l'aide de raisonnements explicites décidant des coups. Les mécaniciens avaient un point de vue moins restrictif, admettant que des opérations correctement effectuées par l'Homme pouvaient ne pas être adaptées aux caractéristiques des ordinateurs et que ceux-ci devaient utiliser leurs propres avantages, c'est à dire leurs facilités de calcul. Initialement, la stratégie était plus à la mode.

Dans les années 1970, les mécaniciens s'imposèrent : on découvrit alors que les performances des programmes étaient quasi proportionnelles au nombre de demi-coups anticipés. Chaque fois qu'on augmentait la profondeur d'analyse d'un demi-coup, l'ELO augmentait de 200 points. Les programmeurs utilisèrent alors des ordinateurs de plus en plus rapides et cherchèrent à accélérer les calculs spécifiquent de leurs programmes sur les ordinateurs classiques.

Programmer la recherche des positions n'est cependant pas tout ! Les premiers programmes d'échecs recensaient les positions sans discernement, et ne distinguaient pas des suites de coups qui conduisaient à la même position par interversion de coups. On élimine aujourd'hui ce doublons en enregistrant les positions successives dans des tables qui servent également à éliminer de nombreuses suites de coups sans intérêt.

Quand le programme doit-il cesser d'examiner une branche de l'arbre de jeu ? S'il ne peut explorer indéfiniment chaque branche, il doit au moins ne pas s'arrêter à une position instable (en plein milieu d'un échange de pièces par ex). Supposons que l'ordinateur analyse huit demi-coups sur chaque branche et qu'il découvre une position où la perte d'un pion lui ferait gagner un Cavalier. L'avantage ne serait qu'apparent si, au coup suivant, l'adversaire prenait le Cavalier de l'ordinateur, gagnant ainsi un pion au total.

Cet "effet horizon", comme on le nomme, conduisit parfois des ordinateurs à des suicides échiquéens, auxquels mêmes des débutants humains ne se livrent pas : soudain et sans raison apparente, l'ordinateur commence à sacrifier ses pions et ses pièces, sapent sa position. Afin de se préserver de tels errements, la plupart des programmes actuels prolongent la recherche de base par une recherche d'équilibre : celle-ci examine les captures de pièces jusqu'à obtention d'un équilibre où une évaluation censée est possible.

La force brute prévalut dans les années 1970 et  le début des années 1980, parce que l'on obtenait de bons résultats en appliquant habilement les stratégies de recherche de base et de recherche d'équilibre. Progressivement adaptés aux nouvelles générations d'ordinateurs, le programme Chess 4.0 et ses améliorations successives, dues à des informaticiens de l'université Northwestern, l'emportèrent presque sans discontinuer sur tous les autres programmes. L'Elo augmenta régulièrement jusqu'à ce qu'il atteigne 2000 en 1979.

A cette époque apparurent des ordinateurs spécifiques, construits pour jouer aux échecs. Le plus célèbre, Belle, des laboratoires Bell, atteignit le niveau 2200 Elo en 1983. La force brute culmina en 1986 avec Cray Blitz, qui était exécuté par des superordinateurs dont 64 microprocesseurs (un pour chaque case de l'échiquier). Cray Blitz gagna le championnat du monde d'ordinateurs d'échecs en 1986, où il battit Hitech à la dernière ronde. Cray Blitz et Hitech examinaient respectivement 100 000 et 120 000 positions par seconde.

Pensée profonde

L'histoire de Deep Thought commence en 1985 avec F. Hsu  à partir des travaux de l'armée américaine sur une puce spécialisé et du générateur de Belle. Par Deep Thought, l'ère de la force brute s'achevait et, aujourd'hui, la plupart des programmes de pointe effectue certaines recherches séléctives.

Deep Thought (250 puces et 2 processeurs capable d'évaluer 750 000 positions par seconde. Profondeur 5 coups. ELO estimé : 2450) battit le grand maître Bent Larsen dans un tournoi, c'était le début de la fin, il fallait désormais compter avec l'évolution des logiciels et des processeurs. Il faut préciser qu'il s'agissait d'un tournoi en blitz (cadence rapide) la fébrilité, les gaffes humaines ne faisait pas le poids face à la rigueur des logiciels et à sa vitesse de réflexion qui est plus déséquilibré en cadence rapide.

 

Ses concepteurs parlent de Deep Thought :

"Malgré le maigre bagage échiquéen (900 parties de Maîtres analysées) dont nous l'avons doté, il bat d'excellents joueurs humains. Tout d'abord parce que l'ordinateur ne copie pas la pensée humaine ; il atteint les mêmes fins par des voies différentes, mieux adaptés à ses capacités. Deep Thought voit loin, mais observe peu ; il se rappelle de tout, mais n'apprend rien ; il ne faiblit jamais, mais ne progresse pas. Toutefois il découvre aussi, parfois des combinaisons que les GMI ne voyaient pas."

En octobre 1989, un nouveau prototype, à six microprocesseurs, de Deep Thought joua deux parties en public contre Kasparov, à New York. L'ordinateur analysait plus de 2 millions de positions par seconde, mais Kasparov le battit nettement.

Le 2 février 1990, Deep Thought se produisit à nouveau en public contre Karpov cette fois. Les concepteurs avaient tiré les leçons de la défaite en 1989 contre Kasparov, Deep Thought, grâce à une fonction d'évaluation nettement amélioré, joua une de ses meilleurs parties jusqu'au 50 ème coup où arriva une énorme erreur.

Fort de ces expériences, les quatre concepteurs de Deep Thought planche déjà sur le futur Deep Blue. On connaît tous la victoire de ce dernier sur Kasparov en 1997, voilà ce que disait les quatre compère dès 1990 :

"Au centre de recherche d'IBM de Yorktown Heights, nous cherchons à rendre les nouvelles versions plus rapides : nous nous efforçons d'augmenter la puissance de calcul d'un facteur supérieur à 1000. La machine que nous prévoyons examinera plus d'un milliard de positions par seconde, de sorte que la profondeur de son analyse atteindra 14 ou 15 demi-coups dans la plupart des cas et 30 à 60 dans les situations forcées. Le classement Elo estimé est de 3400 Elo, 800 points au-dessus de la version actuel et 500 points au dessus du record de Kasparov. F.Hsu conçoit aujourd'hui une puce spécifique pour le jeu d'échecs, qui analysera au moins trois millions de positions par seconde, T Anantharaman et M Campbell améliorent divers aspects de l'actuel Deep Thougt (notamment les fonctions d'évaluations)."

"Nous pensons que la prochaine version de Deep Thought (Deep Blue) sera assez rapide pour menacer le champion du monde "

Kasparov, à l'époque n'était pas du tout de cet avis, il a admis qu'un ordinateur analysant 1 milliard de positions par seconde pourrait battre un GMI moyen mais ni Karpov ni lui. Il maintient,  que la créativité et l'imagination humaines, notamment sa créativité et son imagination, triompheront à coup sûr du silicum.

  "En fait, lors de la prochaine rencontre, le génie d'un individu suprêmement   talentueux ne luttera pas seulement contre du silicum ; il affrontera le fruit   du travail de centaines d'experts. Cette rencontre ne révélera pas si les   machines peuvent penser, mais plutôt si un effort humain collectif peut   surpasser les individus les plus doués." l'équipe de Deep Blue

Les rencontres suivantes :
1996 : Kasparov - Deep Blue : 4-2
1997 : Kasparov - Deep Blue : 2,5 - 3,5
2002 : Kramnik - Deep Fritz : 4-4
2003 : Kasparov - Deep Junior : 3-3
2003 : Kasparov - Fritz X3D : 2-2

1996 : Kasparov - Deep Blue

Deep Blue de 1996 mesurait 2m de haut et pesait 700 kg. Il s'agissait d'un super-calculateur IMB (RISC SYSTEM / 6000 Scalable POWER paralell Systems) dont chacun des 32 processeurs consacrés au calcul pur a été connecté à une carte comprenant 8 processeurs dédiés aux échecs, soit au total 256 processeurs spécialisés fonctionnant en parallèle.

1997 : Kasparov - Deep Blue 

Résultats : 2,5 - 3,5

En 1997, Deep Blue pesait 1 tonne 4 et mesurait 1,80 m. Il fallait 20 personnes pour qu'il fonctionne. Beaucoup de choses ont été dites à propos de cette première défaite de Kasparov face à une machine. Kasparov a accusé IBM d'avoir introduit certains coups humains.....et alors....il est champion du monde des humains.....objection recevable mais pas déterminante.

Nous aurions plutôt tendance à penser que ce sont les énormes gaffes de Kasparov qui ont causé sa perte, il a joué la peur au ventre. Sûr de sa suprématie, ce dernier n'était pas préparé comme il se doit face un ordinateur très fort. Kasparov a perdu et ces deux autres confrontations en 2003 n'ont pas abouti à une victoire. On pourra dire ce qu'on voudra, les logiciels sont très forts et peuvent bousculer voire battre n'importe quelle joueur. Certes, un plus grand nombre de partie seraient plus significatifs, mais là encore, Kasparov pourrait dire, à raison, que la machine, elle, ne se fatigue pas et n'éprouve aucune tension, elle ne sait même pas qu'elle joue aux échecs....

2002 : Kramnik - Deep Fritz (octobre 2002)

Résultat : 4 - 4 sur 8 parties.

1,95 m et 100 kilos ! et non ce n'est pas la machine mais Kramnik qui mesure 1.95 m ! la machine elle était un ordinateur avec 8  processeurs à 2,4Ghz et 256 Mo.

Cinq ans après la défaite de Kasparov face au Deep Blue d'IBM, la rencontre entre l'homme et la machine se solde par un nul : la domination initiale du champion du monde s'est vue réduite brutalement à mi-compétition sans remontée possible. Si le logiciel n'est pas un adversaire invincible, sa puissance de prédiction des coups et son insensibilité psychologique en ont fait un adversaire redoutable pour l'intuitivité et le génie du grand maître.

Contrairement à Gary Kasparov qui avait adopté une tactique d'imprévisibilité qui lui était peu naturelle et qui lui avait plus nui qu'à son adversaire, Vladimir Kramnik avait pris soin de jouer à sa manière habituelle. La ressemblance des deux premières parties avec les deux premières qui lui avaient offert le titre aux dépens de Gary Kasparov est assez parlante.

"Les machines s'améliorent, mais, nous aussi, les humains, nous apprenons." Kramnik

2003 : Kasparov - Deep Junior (janvier 2003)

Résultats : 3 - 3 sur 6 parties.

Garry Kasparov, le premier joueur sur l'échelle du classement mondial, a affronté Deep Junior dans les salons du New York Athletic club de Manhattan.A ce jour il est trois fois champion du monde des logiciels d'échecs ayant notamment remporté en juillet 2002 à Maastricht (Pays-Bas) le dernier championnat du monde réservé aux machines, s'imposant face à 18 autres programmes.

Le championnat du monde officiel contre ordinateurs se déroule - c'est une première - sous les hospices de la FIDE (Fédération international des Echecs) et de la ICGA (International Computer Game Association ).

En 1997, l'ordinateur d'IBM Deep Blue calculait près de 300 millions de coups par seconde. En 2003, Deep Junior calcule 3 millions de coups par seconde (100 fois moins !) mais il est aussi fort."La puissance pure n'est pas tout", a expliqué Amir Ban, l'un des créateurs de Deep Junior. "L'important est d'utiliser la puissance efficacement. La qualité des connaissances du jeu d'échecs que l'on place dans la machine est aussi importante".

2003 : Kasparov - Fritz X3D (novembre 2003) 2  :  2

Ce logiciel a déjà un beau palmarès. Il a battu Deep Blue, Polgar, Kortchnoï, Adams, Deep Junior.
Une des particularités de cette rencontre est que Kasparov n'a pas à toucher les pièces du jeu, X3D Fritz répondant à sa seule voix. Pour jouer, Kasparov ordonne au logiciel de faire bouger les pièces sur un écran représentant l'échiquier. Il suit le match en relief grâce à ses lunettes spécialement conçues pour donner l'illusion des trois dimensions. X3D Fritz est la version améliorée de Fritz, le programme sans 3D contre lequel, en 2002, le Russe Vladimir Kramnik avait fait match nul (4-4). On peut parler d'une confrontation a distance.

Kasparov a déclaré :

"nous pouvons voir que les ordinateurs ont encore beaucoup à apprendre de nous"....
"Je pense que le joueur humain a été dominant. Les deux défaites ont surtout été dues à de terribles, terribles maladresses liées à l'énorme pression. Je n'ai pas été mis hors jeu par les ordinateurs, et j'ai gardé l'initiative au cours des deux duels", a-t-il précisé, se disant "plutôt content du développement général de ces matches." "C'est toujours à moi de faire la différence. Si je ne commets pas de maladresse terrible, alors je dois gagner ou en tout cas ne pas perdre."

IDEES RECUES SUR LES PROGRAMMES D'ECHECS

1) Deep Blue a battu Kasparov, donc les ordinateurs sont désormais plus forts que les humains aux échecs.

FAUX. Simplification abusive. Le faible nombre de parties jouées par Deep Blue (6) et contre un seul adversaire de surcroît, ne permet pas de déterminer la force exacte de l'ordinateur d'IBM.

 

2) Un logiciel calcule "toutes les possibilités" pendant la partie.

FAUX. L'analyse exhaustive du jeu dépasse d'infiniment loin la capacité de calcul des plus puissants ordinateurs. 10 puissance 120 partie différente possible aux échecs.

 

3) Plus un programme est rapide a résoudre des combinaisons, plus il est fort en parties.

FAUX. Trouver le coup décisif dans une position déséquilibrée et jouer des coups plausibles pendant toute une partie sont deux choses différentes.

 

4) Les programmes sont faibles en finales.

FAUX. Les meilleurs logiciels ont désormais un niveau de jeu très élevé en fin de partie, notamment grâce à la profondeur de calcul atteinte dans les positions à matériel réduit. cf tablebases

 

5) Les programmes d'échecs font appel aux technique d'intelligence articifielle (IA).

FAUX. Malgré ce qui est parfois dit dans la presse, aucun programme d'échecs de haut niveau n'utilise des algorithmes de type IA

 

6) Les programmes sont toujours meilleurs tactiquement que les humains.

FAUX. Pas toujours. Les humains sont parfois plus efficaces lorsque le calcul combinatoire est concentré sur un petit nombre de variantes forcées et très profondes (attaque de mat..)

 

 

 

Posté par vdmvdm à 23:04 - Les pépites du net - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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