25 mai 2009
ALEKHINE LE VIRTUOSE
Voici une vidéo plaisante qui détaille l'une des plus jolies combinaisons de l'histoire des échecs. Il faut la regarder en simple spectateur, pour le plaisir, et se laisser gagner par la forte impression esthétique qui se dégage : c'est presque une position de composition échiquéenne, sauf que cela a été joué en vrai, entre 2 grands rivaux de l'entre deux guerres : Alekhine et Bogoliubov. Je vous livre en prime la partie commentée par Kasparov himself ! A déguster sans modération !...bogoliubow_alekhine
13 mai 2009
CAPABLANCA LE MAGNIFIQUE
Il est évident de dire que tous les champions du monde de l'histoire des échecs étaient de brillants tacticiens, et pourtant, on ne met en évidence cette qualité que pour quelques uns d'entre eux, comme Kasparov, Fisher, Tal, Alekhine ou Morphy. Capablanca avait la réputation d'avoir un jeu "facile" et de maitriser les finales mais peu d'entre nous se rappellent ou ont pris la peine d'étudier ses exploits tactiques. Cette vidéo reprend une partie peu connue (qui n'est pas dans les prix de beauté de Philippe K) où les ressources tactiques de la position, qui ne sautent pas instantanément aux yeux, sont très bien expliquées. J'ai apprécié cette vidéo, en anglais, certes, mais compréhensible et je pense que mon opinion devrait être partagée.
Voici le fichier en pgn : capablanca_matisons
15 avril 2009
L'IMMORTELLE POLONAISE
Je vous livre une magnifique vidéo de la série "Chessdeclic" qui commente une magnifique combinaison jouée par Najdorf qui n'était pas seulement le défenseur de la variante la plus populaire de la défense sicilienne mais aussi un brillant tacticien. La partie date de 1930 et non de 1935 comme indiquée dans la vidéo. Elle ne figure même pas dans la mégabase de Chessbase mais n'a pas été oubliée dans la compilation de Philippe K (comment, vous ne connaissez pas, téléchargez-la vite ici !) La combinaison finale - une série de sacrifices brillants- est vraiment époustouflante, surtout quand on remarque toute la puissance exprimée par la dame...immobile ! La partie en pgn : immortelle_de_Najdorf
01 avril 2009
A TRIBUTE TO BOBBY FISCHER
Bobby Fisher nous a quitté il y a plus d'un an mais a marqué de toute sa classe - et pour longtemps !- des générations de joueurs d'échecs. Tous les amateurs ne peuvent qu'apprécier son jeu flamboyant et il était temps que, comme me l'avait demandé l'un d'entre vous il y a quelques semaines, je lui dédie un petit billet. Ma tâche a été rendue facile et agréable grâce au beau travail de Matthieu Bissières, auteur d'une magnifique vidéo récemment diffusée sur ce blog. Matthieu m'a transmis ses remerciements pour cette précédente diffusion, alors comme je suis un inconditionnel, j'en profite ! Matthieu a en effet commenté avec clarté et simplicité une partie historique jouée par Bobby Fisher (alors âgé de 13 ans !) contre Donald Byrne à New York en 1956. Cette partie, appelée par certains la partie du siècle, est un prix de beauté officiel (présente dans la base de PK, et téléchargeable ici). Elle se suffit presque à elle-même. Mais en vidéo, c'est encore meilleur ! Si cela vous plait, je vous encourage à vous manifester pour persuader Matthieu de concocter d'autres petits trésors...
1ere partie
2e partie
27 février 2009
UN JOUEUR D'ECHECS NOMME... SARKOZY !
Notre illustre président ne le sait peut-être pas lui-même, mais les échecs ont failli être le théâtre d'un exploit inattendu lorsqu'un certain Balasz Sarközy, bon dernier du tournoi de Kecskemet (Hongrie) en 1927 avait manqué de peu le champion du monde Alekhine, qui l'avait manifestement pris un peu trop à la légère ! Philippe K, qui m'a envoyé cette partie, s'empresse d'ajouter "je ne suis pas certain qu'il soit apparenté à "notre" Sarko puisque, ce n'est pas pour dire du mal, mais le Sarko de 1927 semble d'assez grande taille si on en juge sur la photo." Devrait-on alors envisager que des modifications génétiques seraient intervenues dans la famille Sarkozy ? Nul le peut l'affirmer. Nul ne sait, du reste, si "notre" Sarkozy joue aux échecs. Une rapide recherche Google avec les mots clés "Sarkozy échecs" nous livre pourtant une impressionnante liste de 162000 références, allez savoir pourquoi... On peut tout de même rester perplexe quant à la réelle connaissance des échecs par notre président, lorsqu'on se rappelle quelques principes fondamentaux de l'ouverture au jeu d'échecs, comme par exemple :"en début de partie, les joueurs doivent éviter de sortir leur dame et de l'exposer inutilement (c'est dangereux et c'est une perte de temps)" ou "il faut éviter de faire des mouvements d'allées et venues avec les pièces, ce qui est de nature à retarder leur activation et le développement de leur jeu"... Mais trêve de billevesées ! Seriez-vous capable de trouver, dans la position suivante, la "petite" combinaison que Sarkozy n'avait pas trouvé dans son match contre Alekhine ? La réponse est dans la partie jointe (au format pgn) ici : sarko !
20 février 2009
L'IMMORTELLE DE PETROFF
On connaît surtout Alexandre Pétroff (1794-1867, portrait ci-contre) pour la défense russe qui porte son nom. Ce joueur était considéré comme le premier grand maître russe de l'histoire et il nous a laissé une magnifique partie, jouée à Varsovie en 1844 contre Hoffmann, qu'on appelle "l'immortelle de Pétroff". Cette partie est en effet remarquable par son final, où grâce à un magnifique sacrifice passif de dame, Pétroff torture le roi adverse pour finir par le mater en 8 coups. Cette partie a été remarquablement commentée par Gérard Demuydt pour europe echecs (il s'agit de l'un des rares articles libres d'accès de ce site, donc profitez-en !). Elle fait aussi naturellement partie de la super-compil psychédélique de PK. Je me suis amusé, comme d'habitude à la faire analyser par Fritz, et, comme d'habitude la déception est au rendez-vous. Le moteur d'analyse ne fait que signaler l'erreur des blancs au 11e coup mais ne rend aucun hommage à l'exploitation géniale qu'en font les noirs. Ce qui est plus étonnant, c'est l'absence totale d'appréciation donnée au 12e coup noir, un petit roque transformé en coup d'attaque qui laisse en prise la dame pour l'ouverture de la colonne f. Bien que "passif", selon la classification que donne des sacrifices David LeMoir, ce sacrifice de dame est bel et bien le point d'orgue spectaculaire de la partie et d'autant plus magnifique que son refus n'entraîne aucun avantage pour les blancs. Encore une fois, cet exemple illustre s'il en était besoin les limites (et les faiblesses) des analyses de Fritz y compris dans le domaine purement tactique.
Dans le petit fichier joint, vous trouverez l'analyse en question (partie 2, annotations en anglais) et la partie telle qu'elle apparaît dans la base des prix de beauté de Philippe K : hoffmann_petrov
07 octobre 2008
L'IMMORTELLE REVUE PAR FRITZ
Les échecs ne sont pas une science exacte. En lisant ce matin l'excellent article de Jean Hébert (que je ne savais pas gérontophile !) sur les échecs au 3e et 4e âge, faisant la part belle à un joueur de 106 ans (!!), il m'est naturellement venu à l'esprit l'adjectif "immortel". Or l'"immortelle" est le nom d'une partie brillante jouée par Anderssen (photo ci-contre) en 1851, soulignant un devoir de mémoire rendu aux parties les plus enthousiasmantes du 19e siècle (une tradition malheureusement perdue car il n'y a plus de prix de beauté dans les grands tournois...). Cette partie, archi-connue, est en effet plaisante à revoir même si les analystes les plus aguerris soulignent un manque d'efficacité pragmatique au service de la beauté d'une combinaison à sacrifices. En particulier, dans cette partie, le 10e coup des blancs (10.Tg1) qui laisse un fou en prise pour une attaque "à longue portée" constitue le tournant où commence le "grain de folie" ou le "génie" (c'est selon) d'Anderssen. Il est amusant de constater la profusion des commentaires à propos de ce coup, et encore plus amusant de connaître la conclusion du moteur d'analyse de Fritz. N'y allons pas par quatre chemins : Fritz condamne sans appel ce coup en lui affublant un cinglant ?? J'avais souligné le manque de vision positionnelle dans les analyses de Fritz. Il semble que cela soit aussi le cas en ce qui concerne la tactique et les "sacrifices silencieux" chers à David LeMoir. Décidément, les échecs ne sont pas une science exacte !
Voici un fichier pgn reprenant la partie analysée par Fritz et telle que transmise par notre ami Philippe Kesmaecker, enrichie par les commentaires de Réti : immortelle
04 mai 2008
QUE VALENT LES ANALYSES DE FRITZ (2) ?
Il y a deux mois, j'avais commencé à vous communiquer une partie célèbre analysée par Fritz. J'ai décidé de continuer à m'amuser en faisant analyser par le fameux logiciel l'une des parties les plus célèbres de tous les temps : la partie de l'opéra jouée par Morphy en 1858 pendant, dit-on, une représentation du barbier de Séville (qui ne devait pas être terrible, sinon, pourquoi aurait-il joué aux échecs ?). Cette partie est un modèle didactique pour illustrer toutes les valeurs du jeu d'attaque : le gain de temps, le développement rapide, le désintérêt pour le matériel. Suivant que l'on considère la bouteille à moitié vide ou à moitié pleine, on souligne le génie de Morphy ou l'aveuglement pitoyable de ses deux malheureux adversaires, rentrés pour l'occasion dans la postérité des échecs : le duc de Brunswick et le comte Isouard. Dans sa remarquable série "my great predecessors", Garry Kasparov commente cette partie de la façon suivante : "Philidor's Defense, 18 moves. The Duke of Brunswick plays a poor opening and allows Morphy to obtain a lead in development. Morphy makes the most of this advantage and wins quickly. The game ends with a beautiful queen sacrifice." Dans sa non moins célèbre anthologie des prix de beauté (téléchargeable ici), Philippe Kesmaecker commente : " Le Duc Karl de Brunswick était un descendant de Gustavus Selenus, auteur de l'ouvrage "Das Schach oder König Spiel" (Leipzig 1616). La plupart des sources s'accordent sur le fait que cette partie célèbre fût jouée dans une loge de l'opéra, pendant une représentation du "Barbier de Séville" en octobre 1858. Cependant Edge, secrétaire de Morphy, relate qu'on donnait ce soir là "La Norma" de Bellini : " [...] La loge du Duc se trouve juste sur la scène, si près en vérité que l'on pourrait sans peine embrasser la prima donna. Morphy était assis, le dos tourné à la scène, ayant en face de lui le Duc et le comte Isouard. [...] C'est alors que Mme Penco, qui personnifiait la prêtresse druidique, se mit à regarder du côté de la loge, semblant se demander quelle pouvait bien être la cause de l'agitation qui y régnait. Elle était loin de se douter que Caïssa était la seule chaste diva dont se souciaient les occupants de notre loge. [...] ".
Et fritz dans tout cela ? Ceux qui ont l'habitude de faire analyser leurs parties savent combien Fritz n'hésite pas pas à affubler nos coups de cruels doubles points d'interrogation. Pourtant, les coups des vaincus, qui ont pour le moins manqué de perspicacité et de l'esprit défensif le plus élémentaire ne sont pas ainsi sanctionnés par Fritz. Etonnante clémence, signe que les erreurs positionelles ne sont pas du tout prises en compte dans les analyses de fritz où seules les fautes (ou réussites) tactiques sont relevées. Le sacrifice de dame, apothéose finale, est bien crédité de !! par le logiciel avec pour seul commentaire "attaque de mat". Bof bof. Vous noterez aussi un détail amusant : une référence à une partie de 1994 jouée de façon identique jusqu'au 14e coup des blancs (l'elo du vaincu, un certain Antonio M, n'est pas communiqué) !
Voici la partie en question, au format pgn : partie de l'opera
04 mars 2008
QUE VALENT LES ANALYSES DE FRITZ ?
Comme de nombreux amateurs passionnés d'échecs, j'ai investi dans les incontournables Fritz et Chessbase ainsi que dans la megabase 2007. J'ai utilisé ces outils pour éditer le livre de mes parties que je vous propose en téléchargement avec, conformément à mon statut de "petit joueur", l'idée que toutes les analyses étaient parole d'évangile (à la qualité du français près)... Fritz permet en effet d'analyser les variantes de toutes les parties jouées sur l'ordinateur ou importées (il supporte même le copier-coller), et de résoudre en un temps record les problèmes tactiques. Chessbase, dont un aperçu impressionnant (chessbase light 2007) est téléchargeable gratuitement à l'adresse suivante : http://www.chessbase.com/download/cblight2007/index.asp vous permet d'importer une quantité quasi-infinie de parties, de classer et rechercher des parties selon vos critères (joueur, tournoi, date, ouvertures, etc... bref une database, quoi !). Tous les ans une "mégabase" rassemblant plusieurs millions de parties est vendue sur le site. C'est je crois un outil prisé par les joueurs professionnels qui peuvent instantanément retrouver ce qui a déjà été joué à partir d'une position donnée par exemple...
J'ai l'air comme ça de faire de la publicité gratuite pour Chessbase. Mais au fur et à mesure que je découvre ce produit, j'en découvre les limites. La première d'entre elle est l'omission de parties historiques très célèbres, qui auraient dû figurer dans la base gratuite livrée avec Chessbase light. C'est étonnant et même frustrant quand on veut se replonger dans l'époque romantique, par exemple. La seconde est la qualité même des analyses de Fritz. Je vous propose d'ajouter dans ce blog les analyses de fritz10 (module analyse complète pour les 2 camps) pour des parties célèbres ou "immortelles". La première d'entre elle est la célèbre partie Lewitsky-Marshall (1912) où selon la légende, le fameux coup ...Dg3!!, un tonitruant et génial sacrifice de dame (the "golden move") provoqua l'enthousiasme et une pluie de pièces d'or sur l'échiquier ... Déception : ce coup, l'un des plus brillants de l'histoire des échecs, n'est crédité que d'un seul point d'exclamation par Fritz avec pour seul commentaire : "attaque de mat". On se demande, du coup, comment sont attribués les deux points d'exclamation. Dans mes propres parties, cette haute distinction ne m'a été accordée que dans 3% des parties analysées. C'est peu, mais je l'avoue, aucun de mes coups ainsi distingués n'avaient autant de profondeur et d'éclat.
Je ne sais pas encore importer des animations de partie sur ce blog malgré tous les logiciels qui se proposent de convertir des fichiers pgn en java (si je peux avoir des infos, je suis preneur), aussi je ne peux que vous transmettre la partie en question que via le téléchargement du fichier pgn. Si vous souhaitez d'autres analyses de parties pour tester le logiciel avant l'achat par exemple, n'hésitez pas à me transmettre leur référence ou leur notation in extenso dans un commentaire.
